Mes coups de coeur

 

     Cette partie du sera consacrée à la présentation de documents divers, livres, musique, articles, émanant d'autres auteurs. Si ceux-ci proposent des produits à la vente, livres sous support papier ou cd, on indiquera la façon de se les procurer, soit en se connectant sur leur site, soit en utilisant leur e-mail, soit par voie postale.

     Les mémoires d'Arago (intégré au cd Lanturlu)

 

   Un vieux livre traînait à l'Observatoire de Marseille, sur un rayonnage. Yvon Georgelin, directeur, le parcourt. Ce sont les mémoires du scientifique français François Arago, publiées en 1854, et jamais par la suite. Surprise, ce personnage ne cadre guère avec l'image que nous nous faisons du scientifique, gnome barbu, puits de science, dans la lune. Celui-là est un savanturier. A peine âgé d'une vingtaine d'années, Arago est envoyé en Espagne pour faire des mesures cartographiques, par triangulation. Il se souvient de belles chansons chantées par les bergères espagnoles en mal d'amour, dans les montagnes voisines. Ses mesures sont effectuées dans des régions à risques, pleines de bandits et cette période est riche de péripéties colorées, où il échappe parfois de justesse à la mort.

   La suite défie l'imagination. Capturé à Majorque, au moment où la situation se tend entre l'Afrique du Nord et la France, laquelle déclenchera son invasion par les Français quelques décennies plus tard, le jeune Arago devient captif des barbaresques, connaît des geôles puantes, mais finira par rejoindre Marseille sain et sauf, après des aventures hautes en couleur.

   Il décrit alors sans complaisance les mœurs de l'Académie des Sciences, dont il devient président. Le Baron de Laplace, Biot, et quelques autres, y apparaissent sous un jour … singulier.

   Un livre, c'est une voix qui émerge du passé. C'est la seule "machine" qui permet à un homme d'une époque révolue de parler à des hommes d'une époque future. Dans ces pages, Arago est là, présent, vivant. Il nous parle et le verbe de ce jeune homme téméraire et drôle crève littéralement la feuille de papier.

Pour lire les premières pages du livre. ..

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     Frédéric Weiscamp-Lorenz

 

     Frédéric est un type extraordinaire. C'est lui avait fait ces simulations numériques qui ont produit des belles galaxies spirales barrées, en 94, problème que sont en train de reprendre deux chercheur (affaire à suivre). Peu de temps après s'être lancé sur ce problème (structure spirale en tant que résultat de l'interaction d'une galaxie avec son environnement de matière gémellaire), Frédéric m'avait appelé.

- Vous savez, j'ai sur mon écran un spectacle qui fait que j'aurais envie de dire "appelez-moi Dieu".

     C'est aussi à lui qu'on doit les objets qui peuplent, pour le moment, la partie du site-Science consacrée à la "réalité virtuelle". Il travaille tellement vite qu'il a tout descendu dans la journée.

     Il joue merveilleusement du piano, improvise, compose. Un jour, il m'a dit !


- Le dessin, ça peut s'apprendre ?
- Hmmm.... si on a pas commencé à cinq ans, je pense que c'est problématique.
- Je vois, c'est comme pour le piano.
- En gros, oui

     Si ça pouvait s'apprendre, il saurait déjà dessiner.

     Un jour, il a eu envie d'écrire. Il a pondu un roman de science-fiction, qu'il a appelé 1999, gratté ça d'un seul jet. Puis il s'est cherché un éditeur. Il a fait comme tout le monde, a envoyé une quinzaine de manuscrits, qui sont tous revenus avec des lettres polies, au fil des mois. Je ne sais pas ce que les éditeurs ont dans la tête. Ca a toujours été un mystère pour moi, au point que j'ai renoncé à écrire des ouvrages, de tous ordres, en "support-papier". Si vous lisez mon cd-Lanturlu, vous y découvrirez des BD comme "Le Logotron", "Joyeuse Apocalypse", qui ont été refusées par l'éditeur des Lanturlu. Si vous pouvez les lire aujourd'hui, c'est grâce à l'édition électronique, sur support-cd

     Si vous lisez le roman de Fred, que j'ai dévoré d'un trait (et tous mes amis de même), vous vous direz peut-être "mais pourquoi est-ce qu'un éditeur n'a pas été fichu de prendre ce livre, si drôle, si enlevé ?", question qui restera sans doute à jamais sans réponse. ...Un éditeur japonais (...) s'est intéressé à ce manuscrit. Un traducteur l'a rewrité, mais il est probable que celui-là ne le publiera jamais. Ca traîne depuis trois ans. Il paraît que le traducteur "a complètement changé l'ouvrage, y compris l'intrigue". Je ne peux pas le vérifier : je ne lis pas le Japonais. Mais de toute façon ça n'était pas à faire. Quand je lis Fred j'ai l'impression de retrouver Barjavel. Pro, du premier coup, comme d'habitude.

     Ce livre, vous pourrez le télécharger gratuitement sur le site qu'il a ouvert :

http://www.multimania.com/wlorenz

     Frédéric m'a permis de le mettre aussi sur mon "cd-Lanturlu", provisoirement. Comme ça, au moins, des gens le liront. Au moment où j'écris ces lignes, j'ai envie de composer un texte qui s'intitulerait "Lettre ouverte aux Editeurs" et où je mettrais :

- Mais enfin, bon sang, est-ce que l'un de vous ne pourrait pas publier ce roman, passionnant, amusant. Comment voulez-vous perdre de l'argent avec un truc pareil !

     C'est vrai, c'est lamentable. Et surtout : ça nous prive de la suite. Si un éditeur l'avait publié, Fred aurait écrit 250 pages supplémentaires en deux semaines, à son rythme habituel. A cause de ces empaillés, on ne saura jamais ce qui arrive après, qui restera dans la tête de Fred.

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     Les amours sécrètes de Lénine

 

 

     Il y a vingt-cinq, trente ans j'habitais rue du Félibre Gaut, à Aix-en-Provence. En sortant, un matins, je débouchais sur la rue des Cordeliers, une artère adjacente, et je vis émerger un volume, d'une poubelle. Le titre, singulier, attira mon regard. Comme à l'époque Internet n'existait pas, cet ouvrage resta pendant des décennies dans mes greniers successifs. Ca n'est que les semaines passées qu'il refit surface, à l'occasion de l'exploration d'une caisse.

     Que faire d'un tel document ? J'ai envoyé un courrier, en recommandé avec accusé de réception, à l'éditeur, en me fiant sur l'adresse figurant sur le livre. Ma foi, la maison d'édition n'existe probablement plus. Les auteurs sont peut-être décédés. Quand un délai suffisant se sera écoulé, je mettrai ce texte en feuilleton sur mon site. Il s'agit des confidences d'une aristocrate russe, "Lise de K.", qui avait à l'époque (1937, date de ma naissance) préféré garder l'anonymat. Elle raconte, avec beaucoup d'esprit, sa liaison de longue durée avec le maître à penser de la révolution soviétique, dont on ne connaît que des biographies composées comme des images d'Epinal. Vue l'époque, il ne faut pas s'attendre à trouver dans ce document de croustillants récits de parties de jambes-en-l'air. L'époque était pudique.Tout au plus lira-t-on des allusions comme "La seule différence est qu'il ne rougissait plus en m'embrassant les bras". "Il", c'était évidemment le petit père des père, immergé dans une liaison adultère secrète avec une aristocrate de l'ancien régime, qui dura plusieurs années, jusqu'à ce que l'histoire ne se saisisse de lui, en 1917.

     Mais antérieurement à ce coup d'envoi de la révolution soviétique Lénine, qui vécut en particulier à Paris, consacrait tout son temps à la préparation de celle-ci, en louvoyant entre les services policiers et en échangeant avec les révolutionnaires de la première heure des lettres codées, ou émaillées de messages composés à l'encre sympathique : du jus de citron. Il laissa une volumineuse correspondance avec Lise, dont celle-ci, en 1937 (donc après sa mort) produisit des extraits. On y découvre un Lénine bien différent de ce que les manuels d'histoire soviétiques ont tenté de nous dépeindre, une sorte de petit bourgeois courtelinesque "qui n'aurait pas déménagé à la cloche de bois et rendait les livres qu'on lui prêtait", éternellement coiffé d'un chapeau melon, et non de sa célèbre casquette. Un homme un peu coincé, dirions-nous, de nos jours, totalement réfractaire à l'art et à la musique (Lise était une pianiste accomplie). De toute façon, un livre étonnant, un véritable document à verser au dossier de l'histoire, totalement inconnu, y compris des communistes français.

     Donc, à bientôt, pour la diffusion de feuilleton pour le moins original.

 

Pertuis, le 13 novembre 2000

Jean-Pierre Petit

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